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Note

Cybersécurité : les fondamentaux

La triade CIA

La sécurité repose sur trois objectifs.

1. Confidentialité : garder les données secrètes

On utilise le chiffrement : il transforme un texte clair en texte chiffré, illisible sans la clé.

Par flot ou par bloc :

  • chiffrement par flot (stream cipher) : bit par bit, en temps réel. Exemple : A5, utilisé pour les appels GSM ;
  • chiffrement par bloc (block cipher) : les données sont découpées en blocs de taille fixe (128 bits pour AES), chiffrés un par un. Exemple : AES, la référence actuelle du chiffrement symétrique (Wi-Fi, VPN, disques).

Le mode CTR (compteur) transforme un chiffrement par bloc en chiffrement par flot.

Symétrique ou asymétrique :

Symétrique Asymétrique
Clés Une seule clé, partagée Une paire : clé publique et clé privée
Vitesse Rapide Lent
Problème Partager la clé en sécurité Calculs coûteux
Exemples AES, DES, 3DES (DES et 3DES sont dépassés) RSA, ECC (courbes elliptiques)

En asymétrique, on chiffre avec la clé publique du destinataire, qui déchiffre avec sa clé privée. Pour une signature, c'est l'inverse : on signe avec sa clé privée, tout le monde vérifie avec la clé publique.

En pratique on combine les deux : l'asymétrique (ou Diffie-Hellman) sert à se mettre d'accord sur une clé, puis l'échange se fait en symétrique. C'est ce que fait TLS.

Certificats :

  • une autorité de certification (CA) émet et gère les certificats numériques ; la CA racine est le point de confiance de départ ;
  • OCSP (Online Certificate Status Protocol) et les CRL (listes de révocation) indiquent si un certificat a été révoqué ;
  • il existe des CA payantes et gratuites (Let's Encrypt est gratuite).

2. Intégrité : vérifier que rien n'a changé

Fonction de hachage : produit une empreinte de taille fixe ; la moindre modification des données change l'empreinte.

Algorithme État
MD5 Cassé (collisions faciles), à ne plus utiliser
SHA-1 Cassé (collision démontrée en 2017)
SHA-2 (SHA-256, SHA-512) Sûr, le plus utilisé
SHA-3 Sûr, conception différente de SHA-2
  • HMAC : empreinte calculée avec une clé secrète. Elle prouve l'intégrité et l'authenticité (seul le détenteur de la clé a pu la produire).
  • Sel (salt) : valeur aléatoire ajoutée à chaque mot de passe avant hachage. Deux mots de passe identiques n'ont plus la même empreinte, ce qui rend inutiles les tables arc-en-ciel (rainbow tables, empreintes précalculées).
  • EDR (Endpoint Detection and Response) détecte les comportements suspects sur un poste, comme la modification de fichiers système. XDR (Extended Detection and Response) fait la même chose sur plusieurs sources : postes, serveurs, réseau, cloud.

3. Disponibilité : un service accessible quand il le faut

Se protéger des pannes et des dénis de service : redondance, sauvegardes, alimentation de secours, plans de reprise.

Vulnérabilité, menace, risque

  • Vulnérabilité : une faiblesse exploitable. Elle peut venir de la configuration (mot de passe par défaut, ports ouverts), du logiciel (système pas à jour, bugs), du matériel (firmware non corrigé, chaîne d'approvisionnement) ou de l'humain (négligence, ingénierie sociale, employé mécontent).
  • Menace : un événement qui pourrait exploiter une vulnérabilité. Humaine (pirates, employés, concurrents), naturelle (inondation, incendie, séisme) ou technique (malware, DDoS, panne).
  • Risque : la probabilité qu'une menace exploite une vulnérabilité, multipliée par l'impact sur les biens. Toute la cybersécurité consiste à comprendre, mesurer et réduire le risque.

Pour évaluer le risque : inventorier ses biens (matériel, logiciels, données ; un SBOM, Software Bill of Materials, liste les composants et dépendances d'un logiciel), puis estimer l'impact d'une attaque réussie.

Les 4 réponses au risque

  1. Accepter : le risque est faible ou inévitable. On le documente et on le surveille.
  2. Réduire (mitigate) : ajouter des mesures pour baisser la probabilité ou l'impact.
  3. Éviter : supprimer l'activité qui crée le risque.
  4. Transférer : le confier à un tiers, par une assurance ou un contrat (sous-traitance avec un SLA, Service Level Agreement).

NIST Cybersecurity Framework

Cadre de référence du NIST (National Institute of Standards and Technology), utilisé dans le monde entier :

  1. Identifier : connaître ses biens, ses risques et ses dépendances (l'étape la plus difficile) ;
  2. Protéger : correctifs, pare-feu, gestion des identités, sauvegardes ;
  3. Détecter : supervision, SOC, détection d'anomalies ;
  4. Répondre : avoir un plan de réponse aux incidents et le tester (rôle du CIRT) ;
  5. Rétablir : restaurer, tirer les leçons, s'améliorer.

La version 2.0 (2024) ajoute une sixième fonction, Gouverner, qui encadre les cinq autres.

Indicateurs de reprise

Indicateur Signification
MTTD Mean Time To Detect : temps moyen pour détecter un incident
MTD Maximum Tolerable Downtime : durée d'arrêt maximale supportable
RPO Recovery Point Objective : quantité de données qu'on accepte de perdre (depuis la dernière sauvegarde)
RTO Recovery Time Objective : délai visé pour redémarrer
WRT Work Recovery Time : temps pour vérifier et relancer les services après la restauration
MTBF Mean Time Between Failures : temps moyen entre deux pannes

Disponibilité en « neuf » : « cinq neuf » = 99,999 % de disponibilité, soit environ 5 minutes d'arrêt par an.

Noter les vulnérabilités

  • CVE (Common Vulnerabilities and Exposures) : identifiant unique d'une vulnérabilité publique, par exemple CVE-2021-44228 (Log4Shell).
  • CVSS (Common Vulnerability Scoring System) : note de gravité de 0 à 10.
  • NVD (National Vulnerability Database) : base qui publie les CVE avec leur note CVSS.

PKI (Public Key Infrastructure)

L'ensemble qui rend le chiffrement d'Internet digne de confiance :

  • CA : émet les certificats ;
  • RA (Registration Authority) : vérifie l'identité du demandeur avant l'émission ;
  • certificats numériques : prouvent l'identité d'un site, d'une personne ou d'un appareil ;
  • paires de clés publique et privée ;
  • OCSP et CRL : révocation.

Normes PKCS (Public Key Cryptography Standards, de RSA Labs) à connaître :

Norme Rôle
PKCS #1 Chiffrement et signature RSA
PKCS #7 Messages signés ou chiffrés (base de S/MIME)
PKCS #10 Demande de certificat (CSR) envoyée à une CA
PKCS #12 Fichier .pfx / .p12 qui contient clé privée et certificat

Monter sa propre CA interne

  1. Générer une CA racine : une clé privée et un certificat autosigné.
  2. Installer le certificat racine sur toutes les machines, pour qu'elles fassent confiance à cette CA.
  3. Pour chaque serveur (par exemple web.entreprise.local), générer une CSR et la signer avec la CA.
  4. Installer les certificats sur les serveurs (HTTPS, VPN...).

Outils : AD CS (Active Directory Certificate Services) sous Windows, OpenSSL ou EasyRSA sous Linux.

Organisation de la sécurité en entreprise

Équipe Rôle
NOC (Network Operations Center) Disponibilité et performances du réseau
SOC (Security Operations Center) Surveillance des menaces et des incidents
CIRT (Computer Incident Response Team) Réponse aux incidents et reprise
  • RSSI : Responsable de la Sécurité des Systèmes d'Information (CISO en anglais).
  • AUP (Acceptable Use Policy) : règles d'utilisation du système d'information.
  • ISO 27001 : norme de management de la sécurité de l'information.
  • Gestion des changements : processus encadré pour modifier une configuration ou appliquer une mise à jour sans casser la production.
  • M-of-N : une action sensible demande l'accord de M personnes parmi N (par exemple 2 sur 3 pour restaurer une clé).
  • Surface d'attaque : tout ce qui peut être attaqué. On cherche toujours à la réduire.

Notes diverses

  • CPU et sécurité : le chiffrement consomme du calcul ; les processeurs modernes ont des instructions dédiées (Intel AES-NI). Des failles matérielles comme Meltdown et Spectre permettent de lire la mémoire d'autres processus.
  • Matériel impossible à corriger : certaines failles physiques n'ont pas de correctif logiciel ; il faut remplacer le matériel.
  • Hyperviseurs : type 1 (bare metal) : matériel, hyperviseur, machines virtuelles. Type 2 : matériel, système d'exploitation, hyperviseur, machines virtuelles (VirtualBox, VMware Workstation).
  • Wi-Fi : le SSID est le nom du réseau ; le handover est le passage d'un point d'accès à un autre sans couper la connexion.

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